Revue de l’année 2010 (Internationale, partie 1)

Après la revue de l’année des événements marquants du Québec en 2010, voici la première partie des événements marquants au niveau international! La seconde partie sera en ligne vendredi, juste avant le passage à la nouvelle année!

10-Kathryn Bigelow réalise une première

Elle n’était pas la première femme à obtenir une nomination aux Oscars dans cette catégorie mais elle fut la première de l’histoire à grimper sur la scène du célèbre Kodak Theatre pour cueillir son prix. En mars, Kathryn Bigelow est devenue la première femme à remporter le prestigieux prix de meilleure réalisatrice pour son excellent film The Hurt Locker, qui a aussi raflé le prix du meilleur film lors de la cérémonie. L’événement était d’autant plus spécial que Bigelow avait pour principal adversaire dans cette catégorie à cinq mises en nomination son ex-mari et réalisateur du film phénomène Avatar, James Cameron. Elle était la quatrième femme à recevoir une telle nomination dans l’histoire des Oscars.

9-Eyjafjallajökull

Un mot qui résume tout. Vous allez dire: QUOI? Comment on prononce ÇA!!?!?! On s’en fout, ne faites qu’admirer la beauté du mot. Il s’agit ici d’un volcan Islandais qui a paralysé le trafic aérien en Europe pendant des semaines en mars et en avril. Il a été le pire cauchemar des journalistes radio et télé pendant cette période. Il a aussi forcé l’évacuation de 600 personnes de leur domicile tellement il devenait dangereux. La fissure de 800 mètres de long projetait de la lave à 200 mètres de hauteur, dégageant un immense nuage de fumée noire par la même occasion. Comme le volcan de situait tout au sud de l’île nordique, les vents projetaient cet épais nuage vers la côte Atlantique européenne. Un spectacle pour les yeux, un calvaire pour les voyageurs et les Islandais.

8-Barack Obama se fait corriger par les électeurs américains

Début novembre, les électeurs américains étaient invités aux urnes pour voter à l’occasion des élections de mi-mandat, qui visent à renouveler une partie de la Chambre des représentants et du Sénat américain. Règle générale, il s’agit d’un test pour le président en place: on juge ses deux premières années de mandat et soit les électeurs lui réitère leur pleine confiance, soit on lui sert un message si les électeurs sont mécontents de son rendement. À la lumière des résultats obtenus, la deuxième option a prévalu. En effet, les Démocrates du président Obama ont perdu beaucoup de sièges dans les deux chambres. Ils ont toutefois réussi à conserver la majorité au Sénat, de sorte qu’ils maintiennent la balance du pouvoir à Washington. Mais le message à Obama est clair: les américains ne seront pas très patients avec lui. La montée de la droite y est pour quelque chose: le Tea Party rallie de plus en plus d’adeptes partout aux États-Unis, même dans les États traditionnellement démocrates. Les Républicains, avec la majorité de la Chambre, ont maintenant un peu de pouvoir pour nuire à Obama dans ses projets. Je vous invite à lire, si vous l’avez manqué, le petit bilan que j’avais dressé (avec résultats inclus) le 7 novembre dernier.

7-Vancouver reçoit le monde

En février dernier, la ville de la côte Ouest canadienne a accueilli le monde à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver. Si les jeux ont débuté tragiquement avec la mort d’un lugeur Georgien à l’entraînement juste avant les cérémonies d’ouverture, puis les cérémonies comme telles qui ont été critiquées d’un océan à l’autre parce qu’elles manquaient de vigueur, d’émotions ou de français. Les prochains jours n’allaient pas améliorer les choses: sites de compétitions truffés d’embûches et météo désastreuse sont venus compliquer la vie des athlètes, spectateurs et organisateurs. En bout de ligne, le tout a fini par s’améliorer et les jeux ont été un succès retentissant, surtout au Canada, alors que le pays a battu le record de médailles d’or pour les Jeux d’hiver avec 14, la quatorzième étant obtenue d’une façon dramatique, avec un but en prolongation marqué par Sidney Crosby face aux Américains dans le tournoi de hockey masculin. Plusieurs athlètes québécois se sont démarqués individuellement: on a qu’à penser à Alexandre Bilodeau, premier médaillé d’or canadien dans des JO tenus au Canada, Jasey-Jay Anderson, Joanie Rochette, Charles Hamelin et Marianne St-Gelais. Comme les jeux d’hiver sont moins internationaux que ceux d’été, l’événement n’atteint pas le top 5 de l’année 2010. Mais, somme toute, ce fut deux belles grosses semaines de compétition qui ont grandement attiré l’attention des Canadiens et des spectateurs des pays participants. À quand les prochains Jeux olympiques sur le territoire canadien? Québec 2022? On peut toujours rêver.

6-Le Pakistan innondé

Ça s’est passé au cours de l’été. Un événement tragique qui n’a d’égal qu’un tremblement de terre meurtrier, ou presque. Si le nombre de morts a été limité au Pakistan, alors que des pluies diluviennes ont causé le débordement de plusieurs rivières et qui ont causé des dommages sans limites, le nombre de sinistrés s’est élevé à 7 millions de pakistanais, un chiffre qui représente la population Québécoise. Un chiffre qui donne froid dans le dos. Avec l’événement d’Haïti survenu quelques mois plus tôt, les gouvernements ne se sont pas montrés aussi généreux qu’ils l’auraient été en temps normal. On peut aussi penser qu’ils ont été influencés par l’aura “terroriste” qui plane au-dessus du Pakistan. Les campagnes de financement pour venir en aide aux sinistrés n’ont pas obtenu la visibilité essentielle à leur bon fonctionnement. Peu de médias internationaux se sont déplacés sur les lieux de la tragédie pour relater des faits, contrairement au séisme haïtien. On n’en parle même plus aujourd’hui. On a beau affirmer que le Pakistan dépense des fortunes en armement et en recherche nucléaire à chaque année, il est faux de penser que leurs dirigeants ont réellement à coeur les besoins de leur population. J’ai comme l’impression que les Pakistanais ont été abandonnés par l’aide internationale, pourtant si généreuse suite au tsunami asiatique, à l’ouragan Katrina aux États-Unis et au séisme haïtien. Sept millions de sinistrés. C’est immense. Voici le blogue que j’avais rédigé sur l’événement.

À surveiller bientôt: le top 5 de la revue de l’année 2010 internationale.

Le jour où j’ai vu la Maison Blanche et le Capitole

Ceux qui me connaissent bien savent que je suis tout sauf matinal. Et que je me couche à une heure qui n’est que trop rarement la veille de mon lever (lire : avant minuit). Alors imaginez la corvée que j’ai dû accomplir pour réussir à me lever à 4h40 AM ce matin pour partir en direction de la Floride. En plus je m’étais couché à 1h30 AM…je n’apprendrai donc jamais!

Alors mes parents et moi sommes partis vers 5h15. J’étais à moitié endormi. L’autre moitié frigorifiée par la température froide combinée au vent matinal qui me gelait les joues. Cette sensation n’a pas semé de doutes : il est temps que je débarrasse le plancher enneigé pour la chaleur de Miami, pis ça presse!

Je ne sais pas pour vous, mais lorsque je pars vers les États-Unis en voiture, peu importe la douane que j’emprunte et de l’heure à laquelle je roule, je suis toujours stressé. Et ce matin, c’était le cas encore et ce, même si nous n’avions absolument rien d’illégal à bord. L’ambiance des douanes m’énerve, le caractère glacial des douaniers m’intimide et leurs questions stupides me font beaucoup trop réfléchir tant je suis soucieux de ma réponse. Or, ce matin, j’ai encore été tendu 90 minutes de temps pour rien. Aussi endormi que moi, le vaillant douanier demande : Where are you going? For how long? Have a good trip. S’il avait su qu’on avait plein de fruits dans la glacière, il aurait sursauté comme si c’était une bombe atomique. Et oui, ils sont comme ça les voisins d’en d’sous!

Condition de route difficiles?

Il y a eu hier une tempête de gros calibre sur la côte est Américaine. Plusieurs vols annulés ou retardés. Des matchs de football de la NFL remis. Des accidents de route. Ce matin, alors que nous avons traversé l’État de New York, rien ne paraissait. On annonçait des conditions de routes pitoyables: neige, blizzard, brouillard, alouette. Un peu plus pis on annonçait une tornade. Or, toutes les autoroutes avaient été déneigées. En quelques heures. Pis pendant ce temps on déneige encore à Montréal…Et il faisait un soleil radieux: des conditions idéales pour un road trip. Et parlant des autoroutes américaines, et des rues en général : elles sont impeccables! On paye à l’occasion (20$ US de frais pour la journée)… mais quelle qualité! On a passé dans un tunnel aujourd’hui, un tunnel construit il y a quelques années mais qui avait l’air flambant neuf. Peut-on en dire autant du tunnel Louis-Hypollite-Lafontaine? Jamais de la vie. Malgré leurs belles routes, et la qualité du déneigement, les Américains sont de piètres conducteurs. Dans l’État de New York, nous avons recensé au moins une dizaine de voitures sorties de route, dans des fossés ou des terre-pleins, dont deux complètement sur le capot. Et il y avait à peine un demi millimètre sur la route. Piètre est un adjectif faible.

Néanmoins, comme nous sommes habitués de rouler dans la neige et sur la glace, que nous sommes munis de pneus d’hiver et que les routes étaient impeccables, nous nous sommes rendus sans tracas jusqu’en Virginie. Je vous écris de notre hôtel de Woodbridge en ce moment, alors que nous nous reposons avant de reprendre la route demain matin. Le prochain arrêt devrait être à Jacksonville, à l’entrée de l’État de la Floride. Nous arriverons à destinations mercredi après-midi. Il fait actuellement 0 degré ici et 23 à Miami. J’ai tu hâte d’être rendu vous pensez?

Un grand moment (ou pas)

La route est belle pour se rendre ici. Nous traversons les Appalaches, ce qui est très beau dès le départ, puis nous passons dans de belles villes, comme Washington (et des atroces, comme Newark, au New Jersey, ou toutes les villes du Delaware au complet). New York aussi, vue de loin, est très jolie, avec tous ces grattes-ciels qui semblent toucher les nuages. Washington c’est aussi vraiment joli, la ville était toute illuminée à notre passage. J’ai ENFIN pu voir la Maison Blanche et le Capitole de mes propres yeux. Même chose pour l’obélisque de la ville. Le capitole était beau, tout blanc, avec un peu de neige dessus et illuminé style Noël. Non, je n’ai pas vu Barack Obama. Non, pas vu Michelle non plus. Je crois qu’ils ne sont même pas en ville de toute façon. En fait, je me trouvais à au moins cinq kilomètres des lieux lorsque je les aperçu les édifices. Dommage. Mais ça compte pareil, non?

Les Américains aux urnes

C’est le mardi 2 novembre dernier que les Américains se sont présentés aux urnes dans le cadre des élections de mi-mandat aux États-Unis. Toutefois, on parle de ces élections de mi-mandat depuis plusieurs semaines, et on les avait même identifiées comme étant les plus importantes du genre depuis très longtemps aux États-Unis. Cela s’explique par le fait que la majorité, dans les deux chambres du Congrès américain, pouvait glisser entre les doigts des démocrates du président Barack Obama pour se retrouver entre les mains des républicains, ce qui pouvait modifier toute la machine politique des États-Unis et avoir de grandes conséquences sur le travail du président.

Les élections de mi-mandat visent à élire les 435 députés de la Chambre des représentants, qui ont des mandats de deux ans et qui sont donc soumis au vote populaire lors des élections présidentielles et lors des élections de mi-mandat. Ils peuvent se faire réélire autant de fois qu’ils le désirent. On élisait également 37 sénateurs (sur 100, deux par état), qui sont réélus pour six ans avec un renouvellement illimité (on élit le tiers du Sénat aux deux ans), et 37 gouverneurs d’état (sur 50), qui ont des mandats de quatre ans aux renouvellements limités.

Les élections de mi-mandat, tout comme les élections présidentielles, ont lieu le premier mardi suivant le premier lundi de novembre, lors d’une année paire. Au 19e siècle, le mardi a été préféré au lundi comme journée fixe des élections, car on ne voulait pas que les électeurs devant se déplacer sur une longue distance pour aller exercer leur droit de vote ait à le faire le dimanche, durant le jour du Seigneur. De plus, on voulait éviter de tenir des élections le 1er novembre car les catholiques y célébraient la Toussaint et les marchands tenaient leurs livres de comptes du mois précédent. Voilà pour la leçon d’histoire de cette entrée.

Au moment de la dissolution de la Chambre des représentants, on y comptait 435 membres élus, soit 257 représentants démocrates et 178 représentants républicains. Pour revenir à la majorité, les républicains ont besoin de gagner 39 sièges. Au Sénat, les démocrates occupaient 59 sièges et les républicains 41. Ceci veut donc dire qu’un gain de dix sièges permettait aux républicains de remporter la majorité, deux ans seulement après l’avoir perdue. Quant au président Barack Obama, démocrate élu en 2008, son poste était sans danger, mais le résultat de l’élection de mi-mandat sera déterminant sur le futur fonctionnement du processus politique américain.

Les résultats de l’élection sont catastrophiques pour Obama et ils sont porteurs d’un important message de protestation de la part de ses concitoyens. Les républicains ont repris le contrôle de la Chambre des représentants, mais les démocrates ont réussi à conserver la majorité au Sénat, une majorité énormément réduite toutefois. Les démocrates avaient 19 sénateurs qui retournaient en élection, contre 18 républicains. Les démocrates ont remporté 13 élections et les républicains 23, pour une proportion de 53-46 en chambre. Vous-vous demandez pourquoi ce total donne 99 sénateurs? C’est parce que le poste mis en jeu en Alaska n’est pas totalement compté encore et ça se joue entre le candidat républicain Joe Miller et la candidate indépendante Lisa Murkowski. Le résultat est très serré et cela prendra plusieurs jours pour déterminer qui sera gagnant de l’élection, car un recomptage sera visiblement demandé. Pour la Chambre des représentants, les républicains ont remporté 243 élections et les démocrates 192. Finalement, pour les 37 postes de gouverneurs en jeu, les démocrates ont remporté 13 élections, les républicains 23 et le candidat indépendant Lincoln Chafee a été élu dans le plus petit état des États-Unis, le Rhode Island.

Avec la tête de la moitié du Congrès, les républicains feront tout pour amoindrir les effets des réformes démocrates de la santé et de la finance, qui font rager partisans du mouvement ultraconservateur Tea Party et banquiers de Wall Street. Toutefois, le président peut imposer son veto pour empêcher un démantèlement total de ces réformes qui avaient pour but de relancer l’économie et offrir de meilleures assurances santé aux citoyens. De plus, en prévision des élections présidentielles de 2010, les républicains pourraient multiplier les commissions d’enquête sur des sujets tels que la gestion de la marée noire à la Maison-Blanche ou s’attaquer directement au président afin de miner sa crédibilité.  

Les républicains n’auront pas le choix d’éventuellement revenir un peu plus vers le centre de l’échiquier politique. Le mouvement radical de droite Tea Party prend de plus en plus de place du côté des républicains, et certains républicains plus modérés pourraient être tentés de quitter le navire pour rejoindre le bateau des démocrates, qui auraient, par la force des choses, des idéologies plus proches des leurs. Le Tea Party est un petit mouvement formé au départ par quelques électeurs de droite frustrés qui a rallié une petite partie de la population en se prononçant sur l’immigration ou les questions religieuses. Au total, 139 candidats de l’élection de mi-mandat à la Chambre des représentants et au Sénat étaient issus du Tea Party ou appuient le mouvement.

Bref, ce fut une campagne intéressante à suivre et il y aura de l’action politique à Washington ces prochaines années. Est-ce que les élections de mi-mandat sont une indication que Barack Obama se dirige lentement mais sûrement vers la porte de sortie? C’est à espérer que non, et actuellement, on commence à voir les noms des possibles candidats républicains à la présidence: Marco Rubio , Mitt Romney, Mike Huckabee, Sarah Palin…espérons que ce sera cette dernière! Les chances d’Obama vont tripler.

Les 15 minutes de gloire d’un imbécile

On a beaucoup parlé cette semaine des attentats du 11 septembre 2001 et des commémorations et activités de recueillement qui auraient lieu aujourd’hui pour se rappeler ce triste événement. Mais depuis la première année où on a commencé à souligner cet anniversaire, donc depuis 8 ans, on a jamais vu une commémoration aussi médiatisée que celle du pasteur qui voulait brûler le Coran en ce jour devenu mythique.

Terry Jones (à ne pas confondre avec l’ancien voltigeur marginal des Expos de Montréal) est un pasteur intégriste d’une microscopique paroisse située en Floride. Il est reconnu pour ses prises de position controversées et extrémistes, souvent très à droite sur l’échelle idéologique. Le slogan “Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais l’important, c’est que tout le monde en parle” lui va à merveille. Il a fait parler de lui toute la semaine avec ses menaces pour finalement rejeter son plan aujourd’hui. Tout ce bla bla bla pour un gros rien, un 15 minutes de gloire pour un vieux pasteur raciste et stupide.

Il voulait démontrer que l’islam, la religion du diable, était dangereux et il voulait aussi protester contre la possible construction d’une mosquée dans le quartier Ground Zero de Manhattan, le lieu même où les deux tours du World Trade Center se sont effondrées. Il avait donné un nom à l’événement, International Burn a Koran Day et il avait même planifié l’heure, 18h à 21h. Il espérait sans doute que son idée se propage et fasse des petits aux quatre coins des États-Unis, mais il n’en fut rien, outre pour ce petit groupe de six écervelés personnes qui ont déchiré des pages du Coran devant la Maison Blanche aujourd’hui.

Je partage l’avis de Barack Obama sur ce sujet. De un, ce n’est pas l’islam qui a attaqué les États-Unis et qui lance des menaces terroristes partout dans le monde, mais bien le réseau Al-Qaida. De plus, ce genre de geste ne peut que fournir des arguments intéressants pour le recrutement de futurs terroristes du réseau. Le ministre canadien Peter McKay, le maire de New York et le général de l’armée américaine en Afghanistan ont uni leurs voix à celle du président pour dénoncer le mauvais goût et le non-sens de l’action. Les musulmans ne sont pas tous terroristes et anti-américains.

On voit que le développement des médias n’a pas que de bons côtés. Les crétins en manque d’attention médiatique peuvent combler ce manque rapidement en disant n’importe quoi devant une caméra. Le nombre de ces caméras se multipliera en 2 heures. Terry Jones n’est pas pire ou moins pire que d’autres qui, avant lui, ont fait des discours absolument ridicules, offensants ou non réfléchis. Il n’a fait que profiter du système pour faire parler de lui, passer un message haineux et des fanatiques comme les six personnes qui ont été à la Maison Blanche aujourd’hui se sont occupé du reste.

Triste à dire, mais pas si imbécile que ça finalement le bonhomme…

La patate chaude Omar Khadr + Ajout

En consultant les médias ce matin et au cours de la journée, on a vu plusieurs reportages, commentaires et articles sur le début, demain mardi, du procès du jeune canadien Omar Khadr (photo), dernier citoyen occidental détenu à la prison américaine de Guantanamo Bay, à Cuba. Khadr a récemment menacé de boycotter le procès, se disant injustement traité, et a refusé une entente de culpabilité qui lui aurait donné 5 ans de prison, plutôt que les 30 qu’il risque de prendre à la conclusion du procès. Pour ceux qui n’ont pas suivi l’histoire de près, petit survol pour vous mettre en contexte des enjeux.

D’abord, Omar Khadr est citoyen canadien et il ne possède que cette citoyenneté. Comme je le mentionnais, il est le dernier prisonnier occidental détenu à Guantanamo Bay, lieu de la prison américaine que Barack Obama avait promis de fermer. Pour la petite histoire, son plan a échoué au Congrès américain. Il avait comme plan de déménager la majorité des prionniers en Illinois, mais n’a pas réussi à faire l’acquisition du site. Le transfert a donc avorté, et la fermeture annulée. Toutefois, ils ont au moins réussi à retourner dans leurs pays d’origine une majorité de prisonniers étrangers. Il avait cessé les commissions militaires, mais celles-ci ont repris.

Khadr est accusé d’avoir lancé une grenade sur un soldat américain, causant la mort de celui-ci, alors qu’il était âgé de 15 ans. Il en a 23 aujourd’hui. On l’accuse aussi de complot et d’espionnage pour la solde de groupes terroristes, de tentatives de meurtres et de divers crimes de guerre. Des accusations très sérieuses il va sans dire. Il est représenté par des avocats canadiens, très réputés, qui croient en sa cause et qui oeuvrent gratuitement pour Khadr depuis sept ans, et des avocats américains, qu’il a récemment congédié pour protester contre son traitement et le procès qu’il juge truqué d’avance.

Logiquement, Khadr devrait être rapatrié au Canada et être jugé, traité et réhabilité ici. La Cour d’appel et la Cour fédérale ont notamment exigé son rapatriement, car ses droits fondamentaux, en tant que citoyen canadien, n’ont pas été respectés. Toutefois, le très mauvais gouvernement de Stephen Harper refuse les jugements, et la cause fut portée en Cour Suprême du Canada, qui a blâmé sévèrement le gouvernement sans pour autant exiger le rapatriement du citoyen canadien, contrairement aux tribunaux inférieurs. Un demi gain pour le gouvernement qui se colle aux américains et qui laisse une justice étrangère juger leur citoyen sans dire un mot.

Je suis nettement de ceux qui croient que Khadr devrait être rapatrié au Canada. Il est canadien et il a droit à la protection de son gouvernement. C’est son droit fondamental, qu’il soit coupable ou non. Au Canada, il est innocent jusqu’à preuve du contraire. Aux États-Unis, il est coupable jusqu’à preuve du contraire. Un détail qui fait toute une différence dans le traitement qu’on lui a réservé. Guantanamo est une prison reputée pour être très dure et Khadr en a payé le prix, selon ses dires. Par rapport à la réputation de l’endroit, on a pas de misère à le croire. Il s’est probablement fait torturer pour le forcer à affirmer des détails qui sont peut-être faux.

Le gouvernement canadien ne veut pas s’associer à Omar Khadr. Le gouvernement américain non plus. Il ne veut pas être le premier pays qui reconnaît la culpabilité criminelle d’un enfant pour crime de guerre. La Cour Suprême américaine a reconnu que les droits des prisonniers de Guantanamo étaient violés. Celle du Canada a affirmé que ceux de Khadr précisément continuaient de l’être. Une vraie patate chaude judiciaire. Aministie Internationale et d’autres organismes de droits et libertés se moquent du Canada dans ce dossier, un pays jadis un modèle pour le respect des droits fondamentaux de ses citoyens.

Un procès d’un jeune dont les crimes auraient été commis à 15 ans, dans lequel son gouvernement ne lui offre aucun support, dont les preuves pourraient être illégitimes et les témoignages obtenus par la torture et qui s’amorce dans le chaos total? Pour un pays réputé pour le Canada, ça ne fait pas très sérieux de laisser ce cirque durer plus longtemps. Le procès s’ammorce dans les prochaines heures, et il n’est pas trop tard pour l’interrompre et offrir à Khadr une justice auquel il a droit.

Qu’en pensez-vous?

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Ajout: Dans les médias ce matin, on annonce que le témoignage fait par Khadr, à l’âge de 15 ans, sous des menaces de viol et pendant un interrogatoire de torture, sera reconnu comme valide pour la tenue du procès. Ça part très mal pour Khadr. Le jury sera sélectionné aujourd’hui.

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