Parlons défaite, parlons extermination

Haute-Gaspésie-La Mitis-Matapédia. Bas-Richelieu-Nicolet. Richmond-Arthabaska. Pas des comtés clés sur une carte électorale on en conviendra. Par chance, un dernier rempart à Montréal, Ahuntsic, a été gagné en toute fin de soirée hier. Le Bloc québécois est passé très près de l’extermination complète hier soir. Gilles Duceppe n’avait pas le choix, il devait quitter le navire. En plus, il n’a même pas été élu dans sa circonscription. Lire la suite

À qui la faute?

Des élections fédérales seront déclenchées aujourd’hui ou demain. Une quatrième visite aux urnes en sept ans pour les citoyens canadiens. C’est sûr que 300 millions de dollars, le coût d’une élection au Canada, c’est une goutte d’eau dans l’océan du budget fédéral, mais il y aurait sûrement mieux à faire avec ces 300 millions de dollars là. Alors, à qui la faute? Lire la suite

Michael Ignatieff veut lui aussi faire rire!

Michael Ignatieff est un personnage très rigolo. D’abord, il a une drôle de bouille et des sourcils, disons le poliment, particuliers. Il a un air sévère à tout moment. je ne suis pas sûr de quel rôle ça joue dans sa crédibilité, mais on s’attardera pas la dessus.

Je suis persuadé que ses conseillers lui ont fait comprendre qu’il devait, le plus possible, demeurer sous le “spotlight” afin de garder un peu de momentum advenant une campagne électorale fédérale cet automne. (D’ailleurs, il me semble qu’on soit dus pour aller voter non? C’est quand la dernière fois, les élections municipales de 2008?) Alors M. Ignatieff a décidé de parcourir le Canada entier en autobus cet été et de s’arrêter dans une quarantaine de villes du pays pour se montrer le museau et faire des déclarations plus ou moins pertinentes et rarement fracassantes. Il accumule les bourdes orales et il est d’un ennui mortel quand il parle.

Cette semaine, il a réitéré un truc que les politiciens hors-Québec répètenet depuis à peu près 1996: les québécois sont tannés du Bloc Québécois. Bien sûr! Et le Bloc reçoit des proportions majoritaires à chaque élection ou presque. Si c’est ça être tanné, ce n’est pas trop mal comme statut.

Aujourd’hui, le statisticien en chef de Statistique Canada a démissionné en plein coeur de la tempête sur la refonte du questionnaire de recensement. La réaction de M. Ignatieff? C’est la faute aux conservateurs. Ayoye la surprise dans cette déclaration là! À ce chapitre, il remplit bien son rôle de chef de l’opposition: il s’oppose à tout et critique tout.

Il en profite pour faire des promesses ici et là, qui disent dans le fond que tout ce que Harper fait ou fera de mal, il le ferait en bien. J’essaie de voir sans me casser le cou, mais j’ai comme aperçu des doigts croisés cachés dans son dos à la télévision. Ignatieff tente par tous les moyens de remonter sa cote de sympathie et d’aller chercher de nouveaux électeurs car en ce moment, ça fait dur son affaire. Je me rappelle, en 2009, lors de la première visite hors-USA de Barack Obama en tant que président, celui-ci avait fait une visite éclair à Ottawa (wou hou, comme c’est loin comme premier voyage). Dans les jours précédents, le parti Libéral avait fait des pieds et des mains pour que le chef de l’opposition puisse rencontrer le président Obama lorsque celui-ci aurait terminé sa petite visite. Il y a finalement eu une rencontre improvisée, dans une salle à l’intérieur de l’aéroport, pendant que Air Force One se préparait pour le décollage. Allo le glamour! Et il fallait voir la face d’Obama pour trouver ça drôle. La seule chose que l’on pouvait percevoir de son air et de ses réactions lorsqu’il était filmé avec Ignatieff c’est: Who the f*&# is this guy? Vous aurez compris qu’il venait rencontrer Stephen Harper dans ce mini-voyage.

Je ne crois pas d’ailleurs que Harper cédera sa place prochainement. Ce n’est sûrement pas Ignatieff qui va le déloger de son trône avec son charisme atroce et son équipe de crosseurs libéraux. Jack Layton, le chef du NPD, est atteint d’un cancer. Cela va aider sa cote de sympathie mais nuire à sa capacité à accumuler du travail. De plus, son équipe est totalement inexpérimentée. Finalement, le BQ ne se présente que pour les sièges au Québec: aucune chance, donc, d’accéder au pouvoir. même s’il se présentait d’un océan à l’autre les chances seraient nulles. Et le parti Vert n’a ni les moyens, ni la plate-forme pour grossir assez rapidement pour qu’on les voit monter en puissance de sitôt.

Alors quand bien même qu’Ignatieff fasse une tournée de 140 villes plutôt que 40, je ne crois pas qu’il va aller s’aider tant que ça dans les sondages et en prévision de futures élections. Au moins, il nous permet de rigoler un peu. Un moment parfait pour le faire, dans le cadre du festival Juste pour Rire et pendant un été politiquement endormi.