Bruno Blanchet et le tour du jardin

L’édition du samedi de La Presse ne sera plus pareille dorénavant. Je ne la déplierai plus avec la même curiosité lorsque j’irai la chercher à ma porte le matin. Et le cahier Vacances-Voyages me semble déjà moins intéressant. Pourquoi? Parce que mon chroniqueur préféré du journal, Bruno Blanchet, tire sa révérence. Lire la suite

Le journaliste Richard Labbé prépare un livre

Voici une petite entrevue-portrait que j’ai réalisée avec le journaliste de la section des sports de La Presse Richard Labbé, dans le cadre d’un travail d’écriture journalistique à l’UQAM. J’ai pu apprendre qu’il prépare un livre sur l’histoire des masques de gardien de but de hockey. Ça sera très intéressant!

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Le métier de journaliste change avec les années, et c’est d’autant plus vrai avec l’explosion de l’utilisation du web et des médias sociaux. Richard Labbé, journaliste de la section des sports à La Presse, n’évite pas ce phénomène. Je me suis entretenu avec lui pour discuter du journalisme, de sa carrière et de la pertinence de plates-formes telles que Twitter et Cyberpresse dans son quotidien.

Richard Labbé est journaliste à La Presse depuis 1995, alors qu’il a commencé à écrire à la pige dans le défunt cahier Sortir, avant de passer à la section des sports pour y couvrir le football en 1999. Son amour du journalisme est né à l’adolescence, alors qu’il publie des textes dans un journal fait maison : « c’était au début du secondaire et on écrivait des textes sur tout ce qui nous semblait intéressant ». Après avoir obtenu un diplôme d’études collégiales en lettres au Cégep de Maisonneuve, il a complété un baccalauréat en histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal. Pourquoi dans ce domaine? « J’ai été refusé au programme de communications », répond-t-il avec franchise. Ce refus n’a pas empêché M. Labbé d’écrire pour les journaux étudiants, notamment Montréal Campus, qui fête cette année son 30e anniversaire.

Richard Labbé est donc installé dans la salle de rédaction de La Presse depuis une quinzaine d’années. Et il en apprécie tous les avantages : « la moyenne d’âge de l’équipe de journalistes est jeune, c’est très dynamique et l’ambiance est très bonne ». La crise des médias, qui est une conséquence, entre autres, de la crise économique survenue en 2008, a épargné La Presse : « nous n’avons pas subi une énorme perte de revenus et nous avons amorcé un bon virage web avec Cyberpresse », explique-t-il. D’autre part, cette deuxième plate-forme, combinée au journal écrit, offre de beaux atouts aux journalistes : « on nous pousse au dépassement, on nous encourage à être créatifs, à utiliser la section vidéo, à créer des podcasts », explique M. Labbé, qui aurait également pu parler des blogues et des nombreuses séances de clavardage avec les internautes offertes par les journalistes, auxquelles il participe de temps à autre.

D’ailleurs, selon le journaliste, le métier a grandement évolué depuis ses débuts : « avant, on se contentait de la simple nouvelle mais maintenant, on veut une histoire, on veut une opinion et on recherche des journalistes qui peuvent exceller dans plusieurs domaines ». À ce chapitre, il compare notamment les journalistes à des pieuvres, qui ont des tentacules un peu partout, qui ont plus de tâches qu’auparavant et qui pratiquent le multi-tasking, qui consiste à toucher à tout, pour se dépasser mais aussi pour augmenter leur visibilité et leur valeur. C’est un peu ce que le site de micro-blogues Twitter offre, c’est-à-dire une plus grande visibilité, et un meilleur contact avec le lectorat et la clientèle. Aux yeux de Richard Labbé, La Presse est assez ouverte à cette idée, eux qui placent des boîtes Twitter sur la plupart de leurs pages web du site Cyberpresse : « pour ce qu’on écrit, c’est un jugement personnel. On peut décider si, par exemple, dans telle ou telle situation, on publie un scoop sur Twitter ou on attend la publication du lendemain. Avec Cyberpresse, on peut aussi mettre en ligne les deux publications simultanément ». 

Richard Labbé comprend très bien le concept de multi-tasking. En plus d’être actif sur Twitter, il est très présent à la radio, à la télévision, et il se sent très libre d’aller vers d’autres projets : « il faut éviter de tomber dans le piège de la routine. Faire des choses à l’extérieur du journalisme écrit permet de rester sur le qui vive, et La Presse nous encourage d’ailleurs à le faire ». Il collabore donc à des émissions de radio matinales de Gatineau, Rouyn-Noranda et Mont-Laurier, et il était un invité régulier des émissions 110% et L’Attaque à 5, diffusées sur les ondes de V/TQS ces dernières années. Finalement, il prépare un projet de livre qui sera lancé quelque part en 2011.

M. Labbé couvre maintenant le hockey au quotidien (il a délaissé le football après 11 ans de couverture, et ce fut sa décision). Il n’exclut pas pour autant un retour au ballon ovale dans le futur. Celui qui a aussi couvert des spectacles de musique et été critique de disques pour la section Arts et Spectacles dans le passé aborde son métier de la même façon que celui-ci évolue : en étant actif et ouvert à tout.

L’expérience qui rentre

Comme plusieurs d’entre vous le savez, j’ai eu la chance d’aller rencontrer quelques joueurs des Alouettes hier au stade Olympique, avec le journaliste de La Presse Miguel Bujold à mes côtés. Et je ne pouvais pas éviter de faire une entrée pour raconter cette petite expérience.

Pour ceux qui l’ignorent, La Presse a organisé récemment un appel à tous ses lecteurs afin que ceux-ci proposent des sujets de reportage pour le cahier de leur choix. Le samedi 23 octobre, tous les cahiers auront un reportage proposé par un lecteur. J’avais proposé une idée de reportage combinant la politique américaine et le sport, en suggérant de faire des entretiens avec les joueurs américains du Canadien afin d’avoir leur opinion sur Obama, le système et la société américaine, la montée de la droite, les élections de mi-mandat à venir et ce qu’ils pensent de leur pays. Je me disais que toutes les fois que l’on voyait les joueurs parler, c’était au sujet de temps de glace, de gardien partant, d’avantage numérique ou de blessures au haut du corps. Je trouvais donc intéressant le fait de pouvoir découvrir un côté plus intellectuel des joueurs, surtout que Gionta, Gill et Halpern sont tous d’ex-universitaires. Et comme vous vous en doutez, La Presse a finalement retenu mon idée, et ils m’ont proposé de la modifier légèrement afin d’y inclure aussi des joueurs des Alouettes, d’abord parce qu’il y a deux pages pleines à remplir et aussi parce que ça permettait d’aller chercher des américains avec un cheminement différent et de régions différentes (Californie, Georgie, Louisiane, etc.) alors que les américains du Canadien viennent tous du nord-est du pays. Quant à lui, Scott Gomez, qui vient d’Alaska, était écarté d’emblée du projet parce que La Presse a déjà un plan de reportage solo sur lui prévu pour l’automne et ils voulaient déjà lui parler de sa gouverneure et probable future candidate à la présidence du pays, Sarah Palin.

J’ai eu plusieurs discussions avec Jean-François Bégin, directeur des sports à La Presse, afin d’orienter le sujet de l’article et afin qu’il m’explique le cheminement du projet. Tous les changements, c’est moi qui devait les approuver. Au cours d’une discussion dans laquelle il me demandait mon âge, ma ville et mon occupation, j’ai eu la chance de ploguer que j’étudiais en journalisme, et il m’a donc suggéré l’idée d’accompagner les journalistes sur le terrain afin de participer aux discussions avec les joueurs, une offre que je ne pouvais bien sûr pas refuser, d’autant plus que ça ne faisait pas parti du pattern de départ, qui ne consistait qu’à demander aux lecteurs de proposer des idées, et la direction et les journalistes s’occupaient du reste.

Me voilà donc hier au Stade Olympique de Montréal avec Miguel Bujold en train de parler de politique américaine avec l’entraîneur Marc Trestman, le quart-arrière Anthony Calvillo, le porteur de ballon Avon Cobourne et l’ailier défensif Anwar Stewart. Au début, j’étais largement intimidé par l’expérience et je me sentais comme un imposteur, mais Miguel a vraiment été super, il me mettait à l’aise, me consultait beaucoup, on échangeait entre chaque entrevue et il a été très ouvert sur son métier. J’ai pu poser aux joueurs mes propres questions et j’ai trouvé l’expérience fabuleuse, car non seulement je vivais une journée privilégiée, mais aussi parce que j’ai pu rencontrer quelques journalistes, poser des questions sur le métier et voir comment ce genre de journée était organisée. Les joueurs sortent progressivement du vestiaire, la majorité ne sont pas sollicités par les médias et ils se rendent aux stationnements ou même au métro Pie-IX. Il y a quelques articles promotionnels à signer pour les joueurs vedettes de l’équipe. Pour ceux qui doivent répondre aux journalistes, ils s’installent près du vestiaire, répondent aux questions et ensuite ils jasent avec les journalistes. Tout est cordial et détendu, les journalistes sont même amis avec les joueurs. Parmi ceux présent, il y avait RDS, The Globe and Mail, CTV, The Gazette, Rue Frontenac et nous, de La Presse. Nous étions aussi accompagnés du photographe André Pichette, qui publiera le 23 octobre quelques photos pour embellir le reportage de ma tronche aux côtés de Miguel et d’Anthony Calvillo. Les joueurs ont été intéressants, surtout Calvillo, qui a longuement parlé du système de santé et de la réforme de Obama, et Anwar Stewart, qui lui s’est attardé au système scolaire. Marc Trestman était très discret et il chuchotait dans l’enregistreur de Miguel, afin que personne d’autre n’entende ses propos, les autres journalistes attendaient en retrait pour le début de la rencontre de presse quotidienne. J’étais juste à côté et honnêtement, je n’ai rien compris de ce qu’il a dit. Et à la fin de l’entretien, il a demandé à Miguel de ne pas le faire mal parraître dans le texte. Il est toujours comme ça semble-t-il, selon Miguel: un homme toujours sur ses gardes. Finalement, Avon Cobourne n’était pas trop au courant, il ignorait même que les élections de mi-mandat se tenaient en décembre prochain. Il ne voulait pas avoir l’air ignorant: il a dû répéter ça 4-5 fois en 3 minutes. Il y aurait probablement des joueurs plus intéressants à interviewer, mais en même temps, on s’est attardé aux vedettes parce que ce sont les joueurs qui intéressent les lecteurs. Toutefois, pour bien compléter, je crois que Miguel va aussi s’entretenir avec le receveur de passes Ben Cahoon cette semaine, dont le beau-père est gouverneur de l’état de Utah, et le botteur Damon Duval, un louisiannais qui sera bien placé pour juger du travail du gouvernement démocrate dans son état sur le dossier de la marée noire. Toutefois, je n’accompagnerai plus le journaliste. Miguel a aussi profité de son passage pour parler de son article de ce matin avec le coordonnateur défensif Tim Burke et le québécois Matthieu Proulx, un gars fort sympathique qui est même venu se présenter à moi. On a jasé de hockey ensemble avec quelques journalistes en attendant que d’autres joueurs sortent du vestiaire. Vraiment intéressant!

À mon retour à l’UQAM, Jean-François Bégin me rappelle, en m’offrant d’accompagner le journaliste Marc-Antoine Godin pour les entretiens avec les joueurs du Canadien cette semaine. Il m’a dit qu’il allait s’informer auprès de l’organisation, habituellement moins ouverte que les Alouettes et plus prima donna dans cet univers de millions, afin que je puisse entrer au vestiaire la journée des entretiens, vers la fin de la semaine prochaine. Je vous tiens au courant bien sûr.

D’ici là, je continuerai à me faire des contacts et à vivre des expériences enrichissantes je l’espère. Ça commence à rentrer!

Anik Jean vs. Marc Cassivi

Grosses discussions sur la toile aujourd’hui sur le petit conflit public qui se dessine entre le journaliste de La Presse Marc Cassivi (photo de gauche) et la chanteuse (et maintenant actrice) Anik Jean (photo de droite). Ce qui s’est passé, pour faire une histoire courte, c’est que Cassivi a littéralement détruit le nouveau film de Patrick Huard, Filière 13, à l’affiche partout dès mercredi. Il s’adonne qu’en plus d’être la conjointe du moment de Patrick Huard, Jean y tient un rôle, une première au grand écran pour elle. Cassivi en profite aussi pour égratigner largement Huard au passage dans ce qui a des allures de règlement de comptes à la lecture de certains passages.

En réponse à cet article, Anik Jean a déclaré dans une entrevue sur le réseau Canoe: « Dans la vie, il y a des junkies, des tueurs en série, des gens qui violent du monde, et des journalistes caves. » Aujourd’hui mardi, Anik Jean a été un des sujets les plus mentionnés sur Twitter au Canada. Comme quoi on a beaucoup de sujets importants à discuter au pays.

Ce que je peux reprocher à Cassivi, qui est un très bon journaliste mais avec qui j’ai des divergences d’opinions sur certains films, c’est d’avoir planté le film quelques jours avant sa sortie, sans laisser les cinéphiles se forger une propre idée du résultat. Au delà de ce détail, il fait son job de journaliste, c’est-à-dire qu’il commente et critique une oeuvre à laquelle il a assisté lors d’une représentation pour les médias. Supposons que le film soit vraiment affreux, on ne peut certainement pas reprocher ça à Cassivi. Pour lire son article, paru dans La Presse de samedi, cliquez sur ce lien: http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/12194-le-principe-de-patrick-huard.html?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B2_chroniqueurs_6227_section_POS1. Ça vaut la peine.

Mais Anik Jean, dans un élan de liberté d’expression digne du côté rebelle qu’elle semble avoir, a fait un commentaire plutôt déplacé à l’endroit de Marc Cassivi, mais aussi à l’endroit de tous les journalistes qui, aussi dans leur droit de liberté d’expression, font leur travail. Si, pour quelques raisons que ce soit, notre opinion diverge de celle des autres, les traiter de cave, et les comparer à des violeurs et des junkies, ce n’est pas très brillant. C’est en plus nettement exagéré. Surtout que plusieurs de ces journalistes peuvent vous aider à vendre des disques et diffuser des vidéoclips durant votre carrière. Je suis persuadé qu’Anik Jean va se rétracter (ajout: on m’informe dans les commentaires que c’est déjà fait!). Les journalistes critiques n’ont pas à tout aimer ce qui se fait. Ils doivent critiquer, et c’est dans leur droit de ne pas aimer un film. Pas aimer un individu, ça c’est une autre histoire. Or, le mal est fait. Anik Jean a l’air idiote, une ombre noire trotte au-dessus du film et Marc Cassivi, lui, profite de belles vacances pluvieuses, puisque ce fut son dernier texte avant de quitter pour août. Mais il devra préciser sa pensée lui aussi.

Néanmoins, je vais quand même assister au film, puisque j’aime bien Patrick Huard et le cinéma québécois en général. Et j’en ferai une petite critique sur 6P2ST. Mais je ne vais sûrement pas faire de commentaires à l’emporte pièce comme l’ont fait Anik Jean et Marc Cassivi. Pas de controverse ici. Pas sur ce sujet du moins!