Boulevard à la déroute

 

De mémoire, le boulevard Des Laurentides, qui traverse Laval du sud au nord, n’a jamais été très joli. Je ne parle pas de la qualité du bitume ici. Je parle des édifices, des commerces, des logements. Tout ce qui est érigé de part et d’autre des voies de circulation.

Le boulevard Des Laurentides est une artère très importante à Laval. On peut même dire qu’avec les boulevards de la Concorde, Saint-Martin et Curé-Labelle, il forme le gros quatuor de rues à Laval comme peuvent le faire les rue Saint-Denis et Sherbrooke avec les boulevard René-Lévesque et Saint-Laurent pour le quartier latin, à plus petite échelle. Justement, le boulevard Des Laurentides pourrait avoir l’ambition d’être le boulevard Saint-Laurent de Laval, la main street. Longue de plusieurs kilomètres, cette artère est reliée à un pont, croise une station de métro, deux boulevards majeurs et l’autoroute 440, qui traverse l’île de Laval d’est en ouest. Mais si on se fie à son apparance actuelle, elle est bien loin d’avoir les moyens d’atteindre quelconque ambition.

Visiblement, son seul objectif est d’être la rue la plus laide de Laval. Pas de quoi être fiers quand sa rue la plus importante géographiquement, et probablement sa plus passante, est en aussi mauvais état. Des exemples? Il y en a une panoplie. D’abord, dès qu’on rentre de Montréal, c’est atroce: un vieil antiquaire qui n’a probablement pas renouvelé son stock depuis 1982, un vendeur de meubles (fait tu beaucoup de ventes dans ce local chose?), un paquet de commerces inhabités, délabrés et de l’autre côté il y avait un vieil édifice qui vient d’être démoli. Il était laid à souhait et les locaux vides appartenaient avant à un bar “Serveuses sexy”, un vieux club 14-18 qui n’a jamais fonctionné (le Skky) et qui avait sa porte de vitre défoncée depuis au moins 10 ans. En face, il y a une boutique érotique donc le “R” de l’enseigne lumineuse est brûlée depuis plusieurs mois. Comme porte d’entrée et comme carte de visite, on a déjà vu mieux. Je suis sûr que c’est plus joli à Saint-Clin-Clin-du-Lac-Bien-Loin.

Un peu plus loin, ça s’améliore: un beau poste de pompiers, la cour municipale qui a belle allure malgré sa trentaine d’années et davantage, ainsi que la station de métro Cartier qui est très moderne, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Je croyais qu’avec l’arrivée du métro sur ce coin de rue (qui croise le boulevard Cartier), toute cette portion, du pont jusqu’à Cartier, allait être “nickel”. Je me suis trompé car 3-4 ans après l’ouverture du métro, c’est aussi moche qu’avant. Si on continue notre chemin vers le nord, on croise un bijoutier louche comme pas un, le X-Trem Gold (photo, qui rachète or et diamant. Oui oui, comme à la télévision) et un salon de jeux qui se veux glamour avec ses néons un peu partout mais qui a plutôt des allures douteuses. Ça l’air d’être rempli de shylocks cette place là! Et juste à côté, pour compléter le joyeux portait, on a un magasin Croteau (c’est déjà pas winner…) qui est fermé pour cause de faillite. Ouch! Ouvrez quelque chose d’autre au plus sacrant, question d’embellir ce coin. On se retrouve à ce moment au quartier Pont-Viau, sans doute le plus pauvre de Laval. Tout le long du boulevard Des Laurentides, jusqu’à Saint-Martin, ça fait dur, à part pour quelques exceptions: des Jean-Coutu fraîchement rénovés, un Super C flambette, le cinéma Guzzo qui a encore une belle allure, un Magnus Poirier très joli et quelques restaurants de belle allûre et attirants.

Tout le reste: affreux! Faites rapidement une liste des commerces types que l’on retrouve sur une rue qui fait dur, et ils sont là: bar de danseuses (y’en a 2 ou 3), exterminateur, pawn shops (1, 2, 3…), vendeurs de matelas, vendeurs de vieux meubles, boutique de livres CD/Cassettes/VHS/DVD usagés (ça donne une idée…), vendeurs de voitures usagées, de pièces de voitures, de cap de roue (vous devriez voir ça…), salons de massages et de cours de strip-tease (il ne manque pas d’emploi dans le coin!), des lave-auto à la main, des magasins de location d’outils, des magasins qui vendent que de la merde de tout , des salons de coiffure douteux, et j’en passe! Je pourrais continuer la liste jusqu’en bas de la page.

Les buildings sont laids. Délâbrés. Il y a plusieurs commerces innoccupés. Il y a de plus en plus de prostituées. À partir de Saint-Martin jusqu’à l’autoroute, c’est à peine mieux, et à partir de la 440, c’est joli jusqu’au bout. Il y a vraiment du travail à faire entre le pont et la 440. On investit un paquet de cash pour former un centre-ville hyper mal fait et rempli de clichés au Centropolis, mais on devrait penser revemper le boulevard Des Laurentides un peu. L’image de la ville en dépend. Ce n’est pas qu’en lançant des chiens dans les airs dans des publicités télévisées sur un air d’une chanson joyeuse de La Compagnie Créole qu’on attire ET conserve ses citoyens. Il faut que ça soit beau.

Le quartier Pont-Viau, dans ce secteur, n’est pas beau. Et une rue très importante, le boulevard Des Laurentides, est en totale déroute.

La ville au mauvais maire

Malgré mon profond sommeil sur 6P2ST depuis quelques jours, les chiffres des visites quotidiennes n’ont pas été épouvantablement bas. Et je sais exactement pourquoi: les lecteurs voulaient sûrement savoir ce que moi, le lavallois pure laine (né à Montréal toutefois), pensait du dossier “Gilles Vaillancourt” et des déclarations faites récemment par les députés Serge Ménard et Vincent Auclair. Ils sont donc revenus voir chaque jour si l’entrée tant attendue était en ligne. J’ai effleuré le sujet dans une entrée portant sur la chute politique de Jean Charest, qui devient de plus en plus claire, mais je voulais vraiment en parler davantage dans une entrée spécialement réservée à ce sujet. Je serai bref toutefois, la majorité des arguments ont déjà été mentionnés dans tous les médias sur toutes les plate-formes.

Avant toute chose, un petit commentaire du “réputé” maire de la glamourous municipalité de Huntingdon, qui a déclaré: “Laval, c’est LA place de la corruption au Québec”. Venant de l’homme qui se dit “drette” comme un chêne et qui voulait instaurer des couvres-feux aux jeunes de sa région, qui brûle des documents légaux en ondes à la télé et qui dit sur une tribune très regardée comme Tout le monde en parle qu’il est pour la peine de mort, on sait que ses paroles sont songées et pesées. Qu’il faut les prendre pour du cash

Si je ne crois pas que Laval soit la capitale nationale de la corruption (un article pour le Maclean’s quelqu’un?), je suis quand même d’accord pour dire que c’est tout croche ici. Quand on sait que Gilles Vaillancourt est plus ou moins proche de Tony Accurso, le croche des croches dans le domaine des contrats à Montréal, on comprend que quelque chose ne tourne pas rond. Mais en même temps, c’est normal qu’après 21 ans au pouvoir, des choses inconcevables se soient produites. Normal ne veut toutefois pas dire acceptable.

Ce dont on parle ici, c’est de Gilles Vaillancourt qui remet des enveloppes d’argent liquide à des députés en campagne électorale provinciale pour leur donner un coup de pouce. Autrement dit: pour les acheter. Les faits se seraient produit en 1993 dans le cas du candidat péquiste de Laval-des-Rapides Serge Ménard et en 2002 dans le cas du candidat libéral Vincent Auclair. Ménard avait remporté son élection et Auclair avait quant à lui perdu la sienne avant d’être élu l’année suivante avec l’équipe libérale “prête” de Jean Charest.

Dans les médias, on a entendu parler de cette histoire abondamment: “Charest croit Auclair”, “Laval devrait être mise en tutelle”, “Vaillancourt doit démissionner”, on signe des pétitions, on s’engueule sur ci, on se plaint sur ça, bref, un gros chaos. Reste que les électeurs de Laval ont élu cet homme là l’an dernier, le réélisant pour la 4e ou 5e fois. Et je ne leur reproche pas: l’opposition est inexistante, on ose même pas se présenter contre Vaillancourt. Il y avait bien deux équipes contre lui, mais celles-ci ont scindé le vote d’opposition en deux. Je suis persuadé que si des élections avaient lieu demain, Vaillancourt serait réélu. Les citoyens aiment leurs conseillers municipaux, et ceux-ci oeuvrent dans l’équipe de Vaillancourt. Tous et chacun, car l’équipe Vaillancourt est majoritaire et sans opposition à l’hôtel de ville du boulevard du Souvenir.

Moi ce que je m’explique mal, c’est pourquoi Vaillancourt nie tout. C’est toujours comme ça, on se répond à coup de mises en demeure et de menaces publiques. Deux députés d’allégeances politiques différentes s’entendent sur le même sujet, à eux deux ils ont 1000 fois plus de crédibilité que si une seule parole était en jeu, alors pourquoi Vaillancourt nie? Les chances sont minimes que Ménard et Auclair aient tout inventé, et je ne vois pas pourquoi ils auraient fait ça. Il tente de sauver quoi, son nom? Il est déjà flétri. Sa job? Elle ne tient qu’à un fil.

Moi je crois que Vaillancourt doit démissionner. De toute façon, il a fait son temps. Il n’a pas été un mauvais maire pour les lavallois: métro de Montréal, pont de la 25, un aréna digne d’une grande ville bientôt en construction et plusieurs autres réalisations intéressantes. Il aura un  boulevard ou un édifice nommé à son nom un jour, c’est sûr, et ça sera mérité. Mais je crois qu’il est temps pour lui de quitter son poste, question de calmer la grogne générale, et de se retirer sur son yacht d’un million de billes. Il n’a plus la légitimité de diriger sa ville, même si les allégations ne sont pas officiellement prouvées. Connaissant un peu Vaillancourt et son emprise digne d’un dictateur sur la ville, on ne doute pas qu’ils sont véridiques. C’est mon opinion du moins.

Et vous ne trouvez pas que Vaillancourt avait le bras long? Impliqué dans l’Union des municipalités du Québec, dans l’Agence Métropolitaine de Transport, sur le C.A. d’Hydro-Québec. Moi ça m’inquiète de voir une personne si peu digne de confiance avoir ses tentacules dans autant de départements importants. Juste de même là!

Vous en pensez quoi?

Bon 45 ans Laval!

La ville de Laval, éternelle source de bonnes et mauvaises blagues, fêtera demain, le 6 août, son 45e anniversaire de constitution. Elle est la preuve irréfutable qu’une fusion municipale peut réussir, contrairement à ce que plusieurs habitants de Hampstead, Westmount et Kirkland peuvent en penser. Une île, une ville, c’est possible.

Autrefois formée de 14 municipalités (Auteuil, Chomedey, Duvernay, Fabreville, Îles-Laval, Laval-des-Rapides, Laval-sur-le-Lac, Laval-Ouest, Pont-Viau, Sainte-Rose, Sainte-Dorothée, Saint-François, Saint-Vincent-de-Paul et Vimont. Merci Wikipédia!), la fusion s’est déroulée dans l’ordre, contrairement aux récentes tentatives à Montréal, et l’évolution de la ville est constante depuis. Malgré ce qu’on peut en penser, saviez-vous qu’il reste encore 30% de zones agricoles à Laval. Le tiers du territoire. De quoi donner des arguments aux montréalais détracteurs de l’île Jésus.

Avec 400 000 habitants, Laval est la 3e ville la plus peuplée du Québec et la 14e au Canada. Sa superficie étendue lui permet de classer parmi les plus grandes villes de la province au point de vue du territoire. Et elle est la seule ville à posséder, à elle seule, une région administrative au Québec.

Avec son centre-ville en développement, la récente ouverture de trois stations du métro de Montréal, le cégep Montmorency qui subit des agrandissements annuellement, la possible construction d’un amphithéâtre multi-usages au centre-ville, l’ouverture prochaine d’un imposant pavillon de l’Université de Montréal et la présence active de l’UQAM juste à côté, il faut admettre que Laval commence à s’imposer de plus en plus comme un grand centre urbain. Bien plus qu’une petite banlieue ou une ville-dortoir comme elle se fait appeler souvent. Le développement économique et social est très rapide. La population est en hausse constante, le développement urbain aussi. Qui sait si, dans 5 ans, à l’occasion de son 50e anniversaire, Laval n’aura pas intégré le top10 des plus grandes villes du pays!

D’ici là, bon anniversaire Laval!