Des petits commentaires rapides sur quelques sagas judiciaires en cours ou qui viennent de se terminer. D’abord Omar Khadr, un sujet que je suis de très près depuis le début des procédures au printemps, lui qui est toutefois emprisonné depuis huit ans à Guantanamo Bay pour crimes de guerre.
Ce matin, Khadr a plaidé coupable aux accusations. Avait-il seulement le choix? Pour la petite histoire, je vais répéter ce que je disais il y a un mois environ: il est accusé d’avoir tué un soldat américain et le juge, le jury en entier et tous les avocats dans la salle d’audience sont des soldats américains. On dépasse l’image de David contre Goliath tant le gars n’avait aucune chance. Ils retenaient comme valides les témoignages qu’il avait rendu à l’âge de 15 ans sous les menaces de viols et de violences (cette torture lui a fait perdre un oeil), il n’avait pas la protection de son pays, le Canada, et un dossier de preuves imposant avait été monté. Des preuves qui peuvent être falsifiées de toute façon, on sait comment ça marche le système américain. Si OJ Simpson a été acquitté avec son sang et son ADN qui peinturaient les murs sur la scène de crime…
Il n’avait aucune chance de s’en sortir par la justice, alors le plus simple pour lui était de passer aux aveux de culpabilité en échange d’une peine réduite. On parle ici d’une peine de huit années supplémentaires à purger dans un pénitencier canadien, ce qui sera bien mieux que la prison sauvage de Guantanamo que Barack Obama avait promis de fermer, en vain. Dans l’optique de cette fermeture, tous les pays occidentaux qui avaient un détenu citoyen de leur pays dans la prison cubaine avaient rapatrié leur prisonnier. Tous sauf le Canada.
En somme, le procès est donc évité et cette saga, qui s’étire depuis beaucoup trop longtemps et durant laquelle les droits fondamentaux d’un citoyen canadien de naissance ont été bafoués complètement, tire à sa fin. Je l’espère du moins.
AJOUT: Une chronique d’Yves Boisvert, de La Presse, qui vient clairement expliquer ce que vaut cet aveu d’Omar Khadr et pourquoi ses droits ont été bafoués: http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/yves-boisvert/201010/26/01-4336090-laveu-du-desespoir.php
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Le colonel Russell Williams (ex-colonel maintenant qu’on lui a retiré son titre) a été jugé coupable d’une double peine de prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans. Donc, avant 50 ans dans le cas d’une double peine et avec son âge avancé, il passera le reste de ses jours en prison. Bien bon pour lui.
Mais quand même, c’est l’histoire la plus déroutante que je n’ai jamais entendu dans les médias et dans les histoires judiciaires. On parle ici d’un soldat décoré, héros militaire, qui a rencontré les dignitaires de plusieurs pays, qui était un modèle pour tous les aspirants soldats au Canada, et qui, du jour au lendemain, se retrouve cadenassé dans une prison à sécurité maximale Ontarienne, la même qui abrite le double meurtier Paul Bernardo, qui avait tué deux jeunes filles dont sa belle-soeur avec sa conjointe de l’époque Karla Homolka. Certains ont vraiment dû tomber en bas de leur chaise.
Les médias sont allés loin en publiant dans les journaux et à la télévision les photographies de Williams prises alors qu’il portait de la lingerie féminine, un de ses fantasmes. En gros, ça n’apportait pas grand chose à la nouvelle: des mots auraient été suffisants. Maintenant, les médias posent une autre question à leurs auditeurs et lecteurs: devraient-ont retirer à Williams sa pension de retraite de l’Armée canadienne. Moi, personnellement, je crois que ses actions et son travail dans l’armée sont deux choses totalement différente. En prison, il ne profitera pas de son argent de toute façon. Mais ses enfants et sa famille pourront en bénéficier. Il est prisonnier, mais il a encore des droits. Et sa pension, c’est un droit qu’il a acquis. Je crois qu’on devrait la lui laisser. Il brassera de la soupe à la cantine dans tous les cas.
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Il y a près de deux ans que le comédien Jean-François Harrisson a été arrêté pour possession de pornographie juvénile chez lui. Il a changé d’avocat à trois reprises depuis le début de l’affaire. Ceci occasionne un report des procédures et le procès traîne en longueur.
Il s’agit, encore un fois ici, d’une histoire sordide: un comédien qui fait carrière principalement dans des émissions jeunesses, pour lesquelles il est très populaire, qui se fait pincer avec du matériel de pornographie juvénile. On a une assez bonne imagination pour imaginer plusieurs folies qu’il a pu faire pour accumuler sa bibliothèque vidéo.
Combien de fois peut-on changer d’avocat à la dernière minute pour repousser le plus loin possible son procès? Il me semble que, rendu à trois fois, ça va faire le “niaisage”!
Il est en liberté conditionnelle, il ne travaille plus, on ne le voit plus nulle part, alors qu’il arrête de repousser l’inévitable sans arrêt. Il va se faire enfermer à son tour de toute façon. Et ça sera une bonne affaire de réglée.
