Dossier: Ces joueurs dont on s’ennuie

Le Canadien a vu quitter des soldats ou s’est départi, depuis trois ou quatre ans, de plusieurs joueurs qu’il avait repêchés et développés dans son organisation. Si certains d’entre eux ont quitté en profitant de leur statut de joueur autonome, comme Saku Koivu, Mike Komisarek, Michael Ryder ou Mark Streit, d’autres ont tout simplement été échangés alors que l’organisation ne voyait plus rien de bon en eux. Voyons un peu comment ils se sont comportés depuis leur départ. Lire la suite

Pierre Gauthier: BlackBerry 101

Message à Pierre Gauthier: tu sais ce qui est bien avec le téléphone intelligent, que ce soit le BlackBerry ou le iPhone? Il te permet de consulter tes courriels en tout temps, partout. J’ai comme le feeling que tu ne te sers pas assez de l’objet depuis trois semaines. Lire la suite

Enfin un peu de renfort en défensive!

Il était temps que Pierre Gauthier constate que sa brigade défensive ne faisait pas le poids! Résumons un peu: le meilleur joueur de l’équipe, Andrei Markov, est blessé pour le restant de la saison. Une équipe peut se débrouiller sans un défenseur de la trempe de Markov sur une courte période, comme le Tricolore l’a démontré au printemps en faisant un bon bout de chemin dans les séries après la blessure de Markov. Mais sur une saison de 82 parties, c’est impossible de demander à trois ou quatre joueurs de combler l’absence d’un joueur vedette en comité. Ceci a donc mené a un surtaxage des défenseurs de l’équipe très nocif pour l’ensemble de l’équipe. Roman Hamrlik tient bien le fort, mais à 36 ans, il ne peut continuer à jouer 25 minutes par partie sans finir pas s’épuiser rapidement. Après une belle séquence en novembre et début décembre, son rendement a légèrement décliné et s’est stabilisé juste au-dessus de la moyenne. Au rythme où vont les choses, Hamrlik sera vidé en mars, ce qui ne sera pas avantageux pour l’équipe. Cette baisse d’efficacité n’est pas étrangère aux performances en dents de scie de son compatriote et partenaire défensif Jaroslav Spacek qui, après un début de saison dégueulasse, s’est drôlement bien repris par la suite avant de retomber dans ses mauvaises habitudes: il “pinch” beaucoup trop souvent, c’est-à-dire qu’il se compromet à la ligne bleue adverse plutôt que de se replier, de sorte qu’il offre de juteux surnombre aux adverses, et son apport offensif en avantage et à égalité numérique est négligeable. On lui en demande nettement trop à lui aussi. Jumelé à Hamrlik, il affrontait les meilleurs trios adverses soir après soir, une tâche qui revenait à Markov auparavant. Or, Markov est nettement mieux outillé pour accomplir ce boulot que Spacek.

Le duo Hal Gill-Josh Gorges n’est pas l’ombre de celui qu’il était en séries au printemps dernier. Gorges joue blessé depuis peut-être un mois. C’est un guerrier, un vrai, mais ses blessures ont nuit à sa vitesse ces derniers matchs. Il a finalement décidé de laisser sa place hier soir face aux Capitals, non sans frustration on s’en doute. On ne sait pas s’il sera absent longtemps, mais il devra guérir ses blessures parce qu’il n’aidait plus vraiment l’équipe récemment. Quant à Gill, il semble moins efficace lorsque son partenaire n’est pas en pleine possession de ses moyens. Si Gill demeure une véritable force en infériorité numérique, alors qu’il n’a pas à patiner ni a contrôler la rondelle, son jeu dans toutes les autres situations est épouvantable. Il est devenu le spécialiste des tirs dans le coin: en zone offensive, si le filet se trouvait dans le coin de la patinoire, il aurait 150 lancers au but. Et quand il tente sa chance sur le vrai but, ses tirs sont si mous qu’ils ne se rendent même pas.

Finalement, les trois autres défenseurs sont très irréguliers. Alexandre Picard a été signé pour être le 8e défenseur de l’équipe l’été dernier. Avec la blessure de Markov et l’échange de Ryan O’Byrne, il est maintenant le 6e défenseur de l’équipe. Avec le manque de profondeur, il passe nettement trop de minutes sur la patinoire. Un défenseur comme Picard est efficace s’il joue de 13 à 15 minutes par rencontre. Or, il joue actuellement de 17 à 19 minutes par match, ce qui est beaucoup trop pour un défenseur ordinaire comme Picard qui ne fait rien d’extraordinaire sans être affreux dans les différentes facettes de son jeu. P.K. Subban est complètement perdu depuis qu’il a été rayé de l’alignement. Je crois que le message aurait mieux passé s’il avait manqué une seule partie: le fait d’en manquer trois a totalement détruit sa confiance. Du jeune premier qu’il était, il est devenu complètement effacé. On le dénature et on en paye le prix: il a triplé son nombre d’erreurs et il ne semble pas s’améliorer. Quant à Yannick Weber, il n’est pas de taille pour la LNH. Il peut disputer deux belles parties suivies de deux horribles. Il est vulnérable dans sa zone, particulièrement à un contre un, et il ne prouve pas dans les derniers matchs qu’il est promu à un bel avenir comme défenseur offensif dans la LNH.

Alors Pierre Gauthier a compris qu’il devait aller chercher du renfort. L’équipe traverse une très mauvaise séquence. Carey Price n’est plus aussi étincelant qu’en octobre ou novembre, mais il reste quand même très solide. C’est surtout sa défensive qui commet trop de revirements et qui accorde trop de surnombres. Pour aider un peu tout le monde, le DG du Canadien a fait l’acquisition hier du défenseur américain James Wisniewski. Défenseur droitier doté d’un bon tir frappé, Wisniewski est un défenseur de calibre numéro 4 dans la LNH: ce n’est pas un Markov, mais il est maintenant, à mon avis, le deuxième meilleur défenseur de l’équipe derrière Hamrlik. C’est un joueur offensif et robuste, un peu mean, parfois indiscipliné (il a été suspendu à deux reprises dans les 10 derniers mois) mais qui n’a que 26 ans et beaucoup de potentiel s’il peut éviter les blessures, lui qui a tendance à être un peu fragile de par son style de jeu. Considérant que nous n’avons donné que deux choix de repêchage pour obtenir un défenseur qui s’insère au second rang de notre hiérarchie, il faut admettre que c’est une excellente transaction pour Gauthier. Wisniewski en est à sa quatrième équipe en trois ans, mais je ne crois pas qu’il soit un poison de vestiaire. Chicago l’a sacrifié pour obtenir le vétéran Sami Pahlsson il y a deux ans afin de faire un bon bout de chemin en séries (ils ont perdu en finale de l’Ouest cette année là). Les Ducks ont dû s’en départir à cause des contraintes du plafond salarial et les Islanders viennent de l’échanger parce que c’est une équipe qui va nulle part encore une fois cette saison et qui cherche à mettre en banque des espoirs et des choix de repêchage pour peut-être un jour compléter une reconstruction. Cette saison, Wisniewski a 3 buts et 18 aides pour 21 points. Sa fiche de -18 n’est pas aussi terrible qu’elle semble l’être: même Raymond Bourque serait à -18 avec les Islanders de 2010-11. Son sommet en carrière est de 36 points, et les chances sont bonnes qu’il surpasse ce total d’ici la fin de la saison avec le CH. Il disputera son premier match demain soir face au Lightning à Tampa Bay.

Il s’agissait de la cinquième transaction de Gauthier depuis son arrivée. Avant celle-ci, il avait obtenu Dominic Moore en retour d’un choix de 2e ronde, Lars Eller et Ian Schultz pour Jaroslav Halak, Dustin Boyd pour Sergei Kostitsyn et Michael Bournival pour Ryan O’Byrne.

C’est quoi le problème avec Pierre Gauthier?

Plusieurs se posent cette même question. Plusieurs amateurs, sur plusieurs tribunes. On en est presque rendus à exiger (ou même supplier) le retour de Bob Gainey dans ses fonctions. J’avais légèrement évoqué la question lors d’un récent article et je réitère aujourd’hui. Analysons un peu le travail de Pierre Gauthier à la tête du Canadien jusqu’à maintenant.

C’est un directeur général actif. Il a fait plus de transactions en 6 mois en poste que Gainey pouvait en faire en 12 ou 18. Il a tout d’abord acquis Dominic Moore des Panthers, cédant en retour un choix de 2e ronde en 2011. Si, au départ, je dois admettre que j’ai été très perplexe sur la qualité du pacte, je dois admettre que Moore a été très utile à l’équipe durant les séries et qu’il a valu pleinement le choix cédé en retour, d’autant plus que nous en avons obtenu un gratis de la LNH en vertu d’un règlement concernant les choix de 1ere ronde non signés (le CH n’a pas offert de contrat à son premier choix de 2006, David Fischer, ce qui donne à l’équipe un choix de 2e ronde compensatoire en 2011). Toutefois, le fait de ne pas garder Moore, surtout au salaire qu’il va faire dans sa nouvelle équipe (Tampa Bay, tiens, tiens), est une erreur qui vient un peu ternir le bon coup initial. Comme troisième joueur de centre, Moore accomplissait un travail adéquat, qui aurait pleinement valu son investissement.

Gauthier a ensuite resigné Tomas Plekanec, qui allait devenir libre comme l’air le 1er juillet. On lui a fait apposer sa signature au bas d’un contrat de 30 millions pour 6 ans. Malheureusement pour l’équipe, Gauthier n’avait pas le choix. Plekanec avait obtenu une saison du tonnerre, et il avait un pouvoir de négociation solide par le fait que la relève au centre est inexistante dans l’organisation et aussi par le fait que le marché n’offrait pas de meilleurs joueurs de centre que Plekanec. C’était le prix à payer pour signer Plekanec à long terme, racheter son autonomie et le garder dans l’alignement. C’est un joueur très utile, et dans les circonstances, Gauthier a fait une bonne affaire.

Troisièmement, le nouveau DG de l’équipe a échangé le sac de problèmes du CH, Sergei Kostitsyn, en retour de Dan Ellis, qui ne fut pas signé, et Dustin Boyd, qui lui fut signé pour un an au salaire minimum. Dans les circonstances, c’est un très bon coup, peut-être son meilleur geste depuis qu’il est en poste. Sergei Kostitsyn jouait sur les 3e et 4e trio, malgré un talent naturel évident, puisqu’il ne fournissait pas un effort constant, combiné à une indiscipline et une immaturité hors-glace. Dans les mêmes trios, Dustin Boyd fera un meilleur travail, sans être une distraction, et pour un peu moins cher. Pour ce geste, chapeau.

Avant de parler des deux derniers gestes, que je veux garder pour le dessert, mentionnons qu’il a aussi échangé Matt D’Agostini aux Blues pour Aaron Palushaj et qu’il a signé les joueurs autonomes Alex Auld et Alexandre Picard. Il a fait le ménage dans certains postes administratifs et au niveau du recrutement, en plus de signer quelques joueurs autonomes d’âge junior.

Au début de l’été, Gauthier a échangé le gardien numéro un, héros des séries et favori de la foule Jaroslav Halak aux Blues pour Lars Eller et un jeune joueur qui ne jouera sûrement jamais dans la LNH, Ian Schultz. Eller est un bon jeune, qui devrait aider le Canadien dès cette saison, mais jamais de la même façon que Halak a contribué aux succès de l’équipe. Plusieurs “Si” peuvent entrer en ligne de compte: si Price devient une vedette, si Eller est très productif, si Halak se plante à St.Louis…ça sera à découvrir dès octobre. Toutefois, même si, au départ, je trouvais que c’était un échange pas si mal, je me dis maintenant que c’était le pire geste à faire au moment où il a été fait. D’abord, si les Blues voulaient vraiment un gardien numéro un, nous aurions pu exiger un joueur établi dans la LNH, qui a fait ses preuves. Ceci nous assure une certaine garantie, et ils payent ainsi un prix respectable pour obtenir leur gardien, la pièce maîtresse de tout alignement. On peut penser ici au Québécois David Perron. De plus, on a offert à Carey Price un pouvoir de négociation immense, car, toujours sans contrat, il devenait le seul gardien potable de l’équipe. Le CH est si mal pris que Price pourrait rester chez lui comme bon lui semble, tant et aussi longtemps que le Canadien ne lui aura pas donné le cash qu’il désire. Il le sait. Son agent le sait. Les fans le savent. J’ose espérer que, rendu en août, et toujours sans aucune entente signée, Pierre Gauthier est aussi au courant. Lundi soir, le directeur général n’a pas semblé s’aider en échangeant le gardien (sous contrat) Cédrick Desjardins à Tampa Bay pour Karri Ramo, un Finlandais ayant un contrat en Russie. On offre donc à Price un autre argument, puisque le Canadien vient de perdre un autre gardien sous contrat. Au moment d’écrire ces lignes, il n’y a qu’Alex Auld, Curtis Sanford et Robert Mayer sous contrat. Comprenez-vous pourquoi Price prend tout son temps? Si le Canadien avait offert un contrat à Price AVANT d’échanger Halak, nous aurions pu avoir un gardien numéro un à prix rabais, et avoir ainsi assez d’argent pour signer d’autres munitions, comme Dominic Moore.

En plus, en échangeant Desjardins, le Canadien perd un autre francophone. Lorsque le camp s’ouvrira en septembre, outre les joueurs d’âge junior qui quitteront rapidement Brossard, il n’y aura que Maxim Lapierre, Benoît Pouliot, Mathieu Darche, Alexandre Picard, Mathieu Carle, David Desharnais et Olivier Fortier comme francophones dans l’équipe, et seuls les deux premiers sont assurés de faire partie de la formation. Il n’y a pas si longtemps, il y avait plusieurs francophones dans l’équipe, et on avait de bonnes performances. Le Canadien n’a jamais eu aussi peu de francophones depuis l’époque “pré-Maurice Richard”. On n’est pas loin du boycott. Je ne suis pas de ceux qui exigeront tous les ans une présence francophone importante, car je préfère nettement avoir une bonne équipe compétitive sur la glace plutôt que plusieurs francos, mais de là à en avoir si peu, c’est dérangeant. Car Gauthier, depuis qu’il est en poste, n’en a amené qu’un seul, Alex Picard. Bergeron, Desjardins et Laraque sont partis. On peut bien dire ce qu’on veut de Gainey, c’est lui qui a amené à Montréal les Dandenault, Laraque, Brisebois, Bégin, Latendresse, Pouliot, Lapierre, Bergeron, Desjardins, Darche et autres francos qui ont fait partie de l’équipe ces dernières années. Il a fait son effort. Il avait, de plus, engagé un québécois, Guy Boucher (maintenant entraîneur du Lightning) comme entraîneur à Hamilton. Gauthier a opté pour un ami, Randy Cunneyworth. Une belle occasion manquée d’aller puiser dans le talent québécois.

Price sans contrat. Une présence francophone minable. Une gestion à la petite semaine. Une formation presque identique à celle du printemps dernier. Plusieurs équipes se sont améliorées cet été, mais pas le Canadien. Coudonc, c’est quoi le problème avec Pierre Gauthier?