Je ne veux pas payer pour ça

Un beau Colisée flambant neuf de 400 millions de dollars financé entièrement par les fonds publics : 200 millions du gouvernement du Québec et près de 200 millions de la ville de Québec. Un beau projet. Mais qui sera le locataire de ce Colisée? Les Remparts de Québec? Parce que jusqu’à preuve du contraire, la LNH est encore loin, très loin, de prévoir un retour dans la vieille capitale. Lire la suite

Congrès de la FPJQ

Cette fin de semaine, je suis allé faire un tour à l’hôtel Hyatt Regency de Montréal pour le congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Bien qu’étudiant, nous pouvons adhérer à la FPJQ et participer aux activités. Surtout, plusieurs ateliers très intéressants étaient offerts, certains gratuits et d’autres non, et c’était une très belle occasion d’aller faire un peu de PR auprès de journalistes, d’éditeurs et de rédacteurs en chef. Aussi, c’était une façon d’explorer un peu le milieu et de voir à quoi ça ressemble. Bref, j’explorais, et en plus, j’ai eu droit à deux bons Bloody Ceasar aux cocktails du vendredi et du samedi soir. Génial! Je vous raconte un peu l’agenda de mon week-end.

L’atelier de vendredi après-midi était très intéressant. Animé par la journaliste du devoir Kathleen Lévesque, on y apprenait comment cultiver nos sources: les récolter, les amadouer, les entretenir et faire en sorte d’avoir une bonne relation avec elles. Certains disent qu’un journaliste ne vaut pas plus que son carnet d’adresses. Les sources sont primordiales et sans elles, il n’y a pas de reportages. Un tel réseau de contacts se cultive. On a pu donc voir comment accroître la valeur et l’utlité de notre carnet d’adresses.

Ensuite, vendredi soir avait lieu un genre de speed dating avec des éditeurs et des employeurs de différents médias: La Presse, Journal Métro, Radio-Canada, CTV, L’Actualité, Elle Québec, Le Soleil, La Presse Canadienne, Châtelaine et plusieurs autres. C’était une bonne occasion de s’informer sur les stages, les piges, comment on peut appliquer pour des emplois, des contrats ou des stages et établir des contacts avec des gens du milieu. L’activité, réservée aux étudiants et aux pigistes, regroupait les candidats en petits groupes de 5 à 7 personnes qui échangeaient avec un employeur pendant environ cinq minutes avant que la rotation soit appelée. Comme j’en suis à ma première session en journalisme, c’était un peu moins pertinent que pour des finissants ou des pigistes, par exemple, mais j’ai pu récolter plusieurs informations intéressantes, surtout pour les stages.

Samedi matin, la journée a débuté avec une plénière fort intéressante sur les médias, sur le sens et la finalité de l’information telle que nous la concevons et telle qu’elle est pratiquée actuellement. Deux invités de marque étaient présents, soit Robert G. Picard, un spécialiste de l’économie des médias et de la concentration de propriété, et Ken Doctor, un analyste et auteur très au fait des tendances émergentes en information et qui s’intéresse aux moyens pouvant rendre le journalisme viable à long terme. En gros, on tentait de répondre à la question suivante: Les journalistes peuvent-ils encore revendiquer le titre de chiens de garde de la démocratie alors que seule une modeste partie des ressources financières et humaines des médias sert la vie démocratique?

Ensuite, on assistait à un atelier/conférence sur le titre de journaliste professionnel. Pour nous en parler, Martine Simonis, qui est la directrice générale de l’Association générale des journalistes professionnels de Belgique, était présente. Ce titre est décerné depuis 1963 et protégé par la loi. En faveur de cette approche, Dominique Payette, ex-journaliste et professeure de journalisme, dirige un groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec dans lequel on s’intéresse à l’implantation du statut de “journaliste professionnel” au Québec. Le troisième panéliste, Yves Boisvert, de La Presse, est plutôt contre cette idée malgré son ouverture d’esprit à lire le rapport que madame Payette déposera en janvier. Ce qui n’est pas clair, c’est si on parle d’un “ordre pour journalistes professionnels” ou d’un “ordre professionnel pour journalistes”. Car, comme on le sait, de plus en plus d’individus s’improvisent journalistes, comme certains ex-sportifs, blogueurs ou animateurs télé, par exemple. On cherchait à voir si les journalistes seraient mieux protégés par un tel titre et si leur profession prendrait plus de sens. C’était une discussion très intéressante et j’ai bien hâte de lire le rapport de Dominique Payette lorsqu’il sera publié.

Après le dîner, nous avions peut-être l’atelier/conférence le plus attendu de la fin de semaine, celui portant sur Quebecor et sa place dans les médias. L’activité, baptisée L’éléphant dans la pièce, réunissait Michel Nadeau, chroniqueur au canal Argent et, surtout, ex-PDG de la Caisse de dépôt qui a contribué à la vente de Vidéotron à Quebecor en 2001, Paule Beaugrand-Champagne, ex-éditrice du Journal de Montréal, et David Patry, journaliste de Rue Frontenac. La salle était bondée, des chaises ont été rajoutées et un paquet de visiteurs étaient debouts au fond de la salle. La réflexion portait sur la place de Quebecor dans les médias. On le sait, Quebecor optait pour une convergence industrielle au début. Celle-ci est devenue une convergence médiatique avec l’acquisition de TVA, de plusieurs revues, des chaînes de télévision, etc. On se dirige lentement mais sûrement vers une inquiétante convergence idéologique, et plusieurs intervenants au micro proposaient des solutions envisageables pour éviter d’arriver à ce point, et aussi pour régler le conflit de travail des syndiqués du Journal de Montréal. On a proposé comme solution de forcer Quebecor à vendre le Journal de Montréal. Pas fou, mais difficile à réaliser. Quebecor fait ses propres règles, se retire des Gémeaux, du Conseil de presse, il s’isole dans le domaine des médias, les employés subissent des pressions pour rédiger des articles sous un angle imposé, bref, c’est un régime de terreur que Quebecor est en train d’instaurer. On a entendu des histoires d’horreur au cours de cette conférence, que je vais me garder de révéler. Le lock-out de près de deux ans au Journal de Montréal en dit long, et c’est la pointe de l’iceberg. Très inquiétant!

Finalement, j’ai assisté à un atelier/conférence sur les médias et les réseaux sociaux, sur comment optimiser Twitter et Facebook et surtout, quoi faire ou ne pas faire et dire ou ne pas dire. Seul bémol de la fin de semaine: nous n’étions que 4 étudiants de l’UQAM. Il y avait une imposante délégation d’étudiants de La cité collégiale d’Ottawa et du programme d’Arts et technologie des médias du Cégep de Jonquière. Je me demandais à ce moment si j’étais vraiment dans le meilleur programme de journalisme au Québec, comme je croyais l’être. Mais outre ce détail, ce fut un week-end vraiment enrichissant. C’est un peu comme suivre un cours intensif, et je sens que j’ai appris plusieurs éléments qui vont me servir à court ou à long terme. Plus j’explore le domaine, plus je l’apprécie, et plus je suis fier de mon choix d’avoir recommencé au bas de l’échelle et entrepris un second baccalauréat. Brian Myles du Devoir. Richard Therrein du Soleil. Patrick Lagacé de La Presse. Félix Séguin de TVA. Luc Gélinas de RDS. Claude-André Mayrand de… à suivre!

La Bell convergence du Canadien

On sait que Bell est un actionnaire minoritaire du Canadien. Bell est aussi propriétaire de RDS. Avec la nouvelle formule de votation des trois étoiles pour les matchs du Canadien, je commence à trouver que Bell tente d’imiter de plus en plus ce qu’il reproche à Québécor de faire depuis plusieurs années avec ses propriétés: de la convergence.

Jusqu’à tout récemment, les trois étoiles des matchs disputés au Centre Bell étaient sélectionnées par des membres des médias, qui s’échangeaient le rôle d’un match à l’autre. Depuis deux ou trois saisons, c’est à Jacques Demers, de RDS, que revenait cette tâche, match après match. Maintenant que Demers est parti au sénat à Ottawa, ce sont maintenant les amateurs qui pourront déterminer les joueurs les plus méritants. Comment le faire? En votant tout simplement sur le site Internet de Bell ou encore sur celui du Canadien. RDS nous repasse ces informations en boucle tout le long de la diffusion du reportage à la télé. Redondant. Irritant. Gênant.

Quand on sait que chaque clic de souris peut rapporter un montant, on comprend un peu le stratagème orchestré par Bell et la direction du Canadien. De plus, on offre des applications exclusives reliées au Canadien sur les téléphones Bell, et une nouvelle série nous montrant les joueurs dans leur quotidien sera diffusée sur le site de Bell, les cellulaires intelligents de Bell, RDS et V. Je n’ai rien contre ça. Utiliser nos plates-formes pour produire et présenter une émission, du contenu, ça passe. Le système de votation, c’est ce qui m’agace, car en plus d’être ridicule, il a la chance d’être biaisé.

Avant d’y arriver, un mot sur le possible retour des Nordiques à Québec. À une certaine époque, il y avait une rivalité sportive et commerciale à Montréal entre les compagnies de bières Molson, qui possédait le Canadien, et Labatt, qui était associée aux Expos. Le jour de la renaissance d’une telle rivalité n’est peut-être pas loin, avec Québécor comme possible propriétaire d’une équipe de hockey dans la vieille capitale. On parlerait donc d’une guerre des télé-communications en plus d’une guerre sportive sur la patinoire. Préparez-vous à être inondés et étouffés de publicités de castors, de vieille madame qui veut tweeter, de technicien à domicile bonasse et de décors faits de lettres bleues géantes sur fond blanc.

Bref, le système de votation mis de l’avant par la direction du Canadien cette semaine, à l’occasion du premier match local de l’équipe, est farfelu à l’os. Pour ne pas tomber dans la favoritisme, le système possède quelques clauses qui viennent altérer les votes partisans. Justement, mercredi, Ryan Malone fut nommée la première étoile de la rencontre grâce à son but en prolongation. Il n’a pas été voté: ce fut automatique, tel que le stipule les règlements. Outre pour ces petits détails, les joueurs qui obtiennent le plus de votes sont les étoiles de la soirée. Donc, si un jour on décide de se révolter contre ce système de bas étage, on pourrait tous voter en bloc et massivement pour Mathieu Darche, un joueur qui joue huit minutes lorsqu’il est en uniforme, et qui ne l’est justement pas la plupart du temps. Ou encore voter pour Alex Auld alors qu’il perd et accorde cinq buts. Ils auraient l’air fou, un peu comme la LNH a failli avoir l’air folle lorsque le défenseur réserviste Rory Fitzpatrick avait terminé au 4e rang dans les votes pour l’alignement partant du match des étoiles de la LNH il y a quelques années. Une situation loufoque qui aurait mené à un changement dans le système.

Alors allez-y, continuez à voter sur les sites de Bell et du Canadien, ça va leur permettre de faire des profits. En échange, RDS ne nous présente même pas les joueurs choisis en direct, présentés par l’annonceur maison. Quelle honte! Ils encouragent les partisans à voter, et ils ne montrent même pas les choix. Ils préfèrent aller à la pause publicitaire pendant ce temps, pour nous montrer les résultats au retour des publicités sur une belle infographie présentée par…Molson Export.

Comment se nomment les propriétaires principaux du Canadien déjà?